version1: Nous nous reconnûmes dès l’instant où nous nous vîmes. Il avait gardé son pas élastique et son port de tête princier, moi j’avais gardé mon petit air timide. Au moment où nos pas se croisèrent nous semblions reliés par un lien impalpable et le temps dut ralentir.
version2: Ce fut moi qui le vis en premier. Il marchait la tête ailleurs, comme si le ciel m’invitait à le bousculer. Pourquoi résister à cet appel divin. J’avançais une épaule téméraire à la rencontre de ce bras fermement retenu par une poche de sa veste. Ce frôlement eut un goût de paradis mes amis.
version3: J’avais la nette impression que son regard fixé droit devant n’avait rien de naturel. La distance qui nous séparait s’amenuisait au rythme des petits coups d’oeil que je lançais. Arrivée à sa hauteur je me prenai les pieds dans ma jupe et m’écrasai par terre.
version4: Le réveil n’a pas sonné.
version5: Sans raison apparente il traversa la rue d’un pas vif. Mécontente je décidai de suivre cet effronté qui maintenant s’engageait dans le magasin Ed du trottoir d’en face. Je crus mourir lorsqu’il me demanda si j’étais du rayon pâtisserie.
version6: J’apercus au loin une silhouette familière. Vite. J’accourais. Il se retourna au bruit de mes chaussures qui tapaient sur l’asphalte. N’ayant pas le courage de l’aborder je n’arrêtai pas ma course, et entraînée par l’élan, me précipitai dans la cuve de mortier frais d’un chantier en construction.
Moralité: il ne faut pas mettre de chaussures trop bruyantes.
"Piedebout. Chaussures de qualité pour petons dans le même sabot.”
Légende de l’image: “Chérie, je crois qu’on a un problème avec la nouvelle cliente...”

