Au départ il n'y avait rien. Rien que le Néant. Pour commencer mileva créa le blog qui était informe et vide.
Le premier jour elle lui donna un titre, histoire de savoir où on était. De la terre elle fit jaillir des lettres qui s'élevèrent en formant une ronde. Les syllabes se tenaient par la main en s'échangeant des mots doux. C'était d'une beauté à peine supportable. Si peu supportable que l'ordi planta d'émotion et coupa mileva dans son élan.
Le second jour mileva revint à la charge. Elle éteignit l'obscurité en apposant des taches de couleurs, et la lumière fut. Elle pétrit des images qu'elle sépara du texte et les idées furent. Ça y est le blog avait poussé son premier cri, vivait, mâchait, respirait.
Le troisième jour mileva fit trois noeud à son mouchoir de blog. Le premier noeud pour marquer le début, le second pour rappeler à sa mère qu'il faut le mettre à jour régulièrement, le troisième afin de ce pénible début de se souvenir. Pour finir, elle accrocha le mouchoir au berceau du blog qui dormait du someil du juste.
Le problème c'est qu'un blog ça ne parle pas, ou alors c'était il y a très longtemps. Le blog a assez de mémoire pour retenir tout ce qu'on lui dit et enregistrer tout un tas de photos, le blog a assez d'autonomie pour vous coller des publicités sans que vous ne lui ayez rien demandé, mais le blog n'a aucune conversation, sa bouche a du tomber... Alors au matin du quatrième jour, face à la tranquilité de la situation, mileva créa les internautes. Ainsi lecteur, tu n'es autre que le fruit de mon Moi profond. Tu penses avoir mangé un cassoulet à midi, mais c'est faux. Ta vie n'a commencé qu'au moment où tu as entammé cette phrase qui est donc ta mère. Tout ce que tu crois avoir vécu auparavant n'est qu'illusion. D'ailleurs vas savoir si ce blog existe vraiment...
Le cinquième jour la fièvre retomba.
Le sixième jour elle créa les commentaires pour que les visiteurs puissent rédiger les articles à sa place le cas échéant. Mais plus que tout internaute, tu es la raison de vivre de ce blog. Sans toi, ô ami lecteur, que serait ce navire perdu sur la mer Bill Gates... une nurserie vide de bébés, l'ombre de son ombre, l'écho d'un discours annoné par une jeune abrutie...
Le septième jour, le blog émit son premier gazouillement. Depuis, la vie se divise en tranches de sept jours dont le dernier, dies domini (jour du maître) est consacré à la comémoration de cet événement.
Sincèrement, bon séjour.


Commentaires
Par oOevenstarOo le 24/05/2007 à 09h05
Quel joli blog...
Mes félicitations, ton écriture est très belle et très mature, continue ainsi.
Bisous des nymphes..
Par Sacha le 09/11/2006 à 17h47
« Sans toi, ô ami lecteur, que serait ce navire perdu sur la mer Bill Gates... »
C'est incorrect, ô que c'est incorrect! Je ne sais pas comment corriger, mais c'est incorrect. Oui, le bon Dieu n'a pas toujours raison.
Mon navire est signé « Fondation Mozilla », mon pays a son président « Linus Torvalds », et la mer où on est n'est qu'une toile d'araignée géante, où nous nous sommes fait prisonniers...
Par wonder le 19/05/2006 à 19h24
"I listen to the wind
que de fraicheur !! merci.
to the wind of my soul" C.S
Il m'a dit de venir ici, j'ai bien fait de l'écouter
Par haÿdan le 15/05/2006 à 20h37
que de fraîcheur et de sensibilité dans tes mots! que c'est plaisant à lire ^^
un début extrêmement prometteur oui!!
encore-encore bis-bis!!
Par hermignonne le 13/04/2006 à 20h21
comme tu as eu raison d'insister, douce mileva... ce blog a déjà ta fabuleuse lumière. doute et question, humour et admiration, tout ce qui définit ton personnage. jolie surprise à mon retour d'une nature aussi inventive et séduisante que toi. gros bisous ma petite luciole!!
Par Eärendil le 01/04/2006 à 14h23
J'ai toujours su que je n'éxistais pas vraiment, et que la vie n'est qu'illusion...
Un blog qui promet
Par laura6248 le 01/04/2006 à 14h20
oui, ce blog existe vraiment et je sens qu'il va continuer à exister, en tout cas je m'y rendrais réguliérement pour voir les jours passés sous ta plume... De la fraîcheur et de l'imagination... ça fait du bien. merci.
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